Un requin tigre, l’une des espèces les plus dangereuses pour l’homme, au même titre que le requin bulldog et le grand requin blanc. Il fait pourtant beaucoup moins de victimes que les chiens… ou même la foudre.

Attaques de requins: quels sont les risques?

 

La communauté des surfeurs et des plongeurs de par le monde est quasi-unanime: ces dernières années, le nombre d’attaques de requins aurait augmenté de manière inquiétante. La Réunion a notamment été au centre d’une vive polémique, endurant pas moins de 18 attaques en cinq ans. Alors que les solutions et les causes sont toujours en discussion, il est utile de se rendre compte des véritables risques encourus par ceux qui fréquentent les océans.

Rares sont les jours qui passent sans qu’une histoire d’attaque ou de pêche de requin ne défraie la chronique sur les réseaux sociaux ou ailleurs. Les seigneurs des mers sont de nos jours l’objet de toutes les attentions, d’autant plus que les interactions entre l’homme et le prédateur marin semblent de plus en plus nombreuses.

L’attaque en direct d’un surfeur professionnel lors d’une compétition de haut niveau à Jeffrey’s Bay, l'année dernière, ou encore le décès d’un petit garçon de 13 ans entre les mâchoires d’un squale à La Réunion en avril 2015, relayés avec ferveur par les médias internationaux, ont par exemple choqué énormément de monde.

Parmi les histoires les plus effrayantes, celle de l'île de La Réunion fait d’ailleurs partie des plus médiatisées ces dernières années. La communauté des surfeurs de cette île autrefois réputée pour ses vagues paradisiaques a connu 18 attaques, dont 7 fatales, entre 2011 et 2015. Du jamais vu sur un territoire aussi petit.

Un excellent documentaire, très complet, a été réalisé par le célèbre média américain « Vice » sur la crise requins à La Réunion. Voir la vidéo.

 

L’attaque du surfeur Mick Fanning en direct lors d’une compétition à Jeffrey’s Bay, en Afrique du Sud, a mis en ébullition les médias internationaux et les réseaux sociaux.

L’attaque du surfeur Mick Fanning en direct lors d’une compétition à Jeffrey’s Bay, en Afrique du Sud, a mis en ébullition les médias internationaux et les réseaux sociaux.

Les chiffres ne mentent pas. Selon l’International Shark Attack File, un organisme qui compile les statistiques sur les attaques de requins rattaché au Muséum d’Histoire Naturelle de Floride, 2015 a été une année de records. En effet, d’autres zones ont connu un boom semblable ces dernières années, à l’image de l’Afrique du Sud (huit attaques non provoquées enregistrées en 2015, un record équivalent à celui de 2000) et des États-Unis (59 attaques non provoquées en 2015, nouveau record), ou encore l’Australie (18 attaques non provoquées, nouveau record).

En 2015, l’organisme a enregistré 98 attaques non provoquées au niveau international, un chiffre qui surpasse le précédent record de 88 enregistré en 2000. Par attaques non provoquées, il faut comprendre que l’animal n’a pas été dérangé, touché, attaqué ou menacé par la victime.

Voilà des chiffres qui effraient énormément, particulièrement la communauté des surfeurs qui a été la cible de près de la moitié des attaques en 2015 (49%). L’explication est évidente: les surfeurs passent beaucoup plus de temps dans l’eau, et adoptent sans le faire exprès une attitude provocante, causant des remous, des bulles et de la mousse à la surface, ce qui attire les requins, curieux de nature.

La peur grandissante des amoureux de l'océan a conduit certaines entreprises à développer des solutions et des gadgets pour repousser les requins: planches couvertes de peintures zébrées rappelant le poisson-lion venimeux, aimants produisant des fréquences électriques qui effraient les prédateurs et d’autres gris-gris étranges... Des solutions qui rassurent, mais dont l'efficacité n’est, bien souvent, pas prouvée à 100%.

Les théories sont nombreuses pour expliquer cet apparent phénomène statistique. Comme l’indique le Muséum d’Histoire Naturelle de Floride, l’augmentation exponentielle de la population mondiale, et par ricochet la popularisation de la pratique des sports nautiques, a sans aucun doute joué énormément dans l’augmentation de ces chiffres.

Mais d’autres explications sont également apportées au cas par cas, et souvent, les dégâts provoqués par l'activité humaine sont mis en cause. La surpêche des poissons pélagiques dont se nourrissent les squales, l’interdiction de la pêche des requins dans des zones où ils étaient autrefois pêchés, la pollution, les rejets organiques dans les cours d’eaux et dans la mer, la dégradation des écosystèmes coralliens… Bien qu’aucune explication définitive ne puisse être apportée dans un futur proche, tout porte à croire qu’il faille en effet la chercher dans les déséquilibres naturels créés par l’homme.

Un surfeur équipé d’une combinaison et d’une planche spécialement conçues pour repousser les requins.

Un surfeur équipé d’une combinaison et d’une planche spécialement conçues pour repousser les requins.

Reste que ces statistiques inquiétantes ne concernent que quelques zones à très haut risque, et que la probabilité de se faire mordre ailleurs que dans les régions concernées est proche de zéro. Par exemple, une personne qui se baigne dans la mer a une chance sur 3,5 millions de se noyer, et une chance sur 11,5 millions de se faire attaquer par un requin. Qui plus est, la personne qui se fait attaquer par un requin a un peu plus de 0 chances sur 265 millions de mourir de ses blessures! (statistiques compilées par l’organisation américaine OCEANA).

Par ailleurs, certains exemples nous montrent que les données des attaques sont loin de suivre une simple ligne droite. En 2015, l’Afrique du Sud, pays réputé pour ses requins, a connu huit attaques non provoquées, mais aucune n’a été fatale. Une seule personne est morte sur les 58 attaquées aux États-Unis l'année passée, et même si le record de 88 attaques non provoquées de 2015 surpasse celui de 2000, il n’y a eu que six décès dans le monde l'année dernière, contre 10 en 2000 et 12 en 2011. Il y a en somme plus de chance d'être frappé par la foudre que de mourir entre les dents de la mer!

Mais alors, pourquoi les requins font-ils aussi peur? La réponse est simplissime: tout comme le serpent, l'araignée ou le loup, le requin rappelle à l’homme ses peurs ancestrales, plus particulièrement celle d'être dévoré par un monstre aux dents acérées venu du fond des océans. Une peur souvent irrationnelle et enfantine, et que certains médias et cinéastes utilisent sans vergogne pour faire monter l’audimat… C’est une recette miracle qui marche presque à tous les coups.

Photo du haut: Un requin tigre, l’une des espèces les plus dangereuses pour l’homme, au même titre que le requin bulldog et le grand requin blanc. Il fait pourtant beaucoup moins de victimes que les chiens… ou même la foudre.

Laisser un commentaire