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Histoire : Ces Juifs qui ont été détenus à Maurice

 

juifs détenusAu cimetière de St Martin, on retrouve 130 tombes qui diffèrent des autres… Toutes similaires et alignées, avec des pierres au lieu des fleurs dessus. Ce sont, pour la plupart, les tombes des Juifs qui ont perdu la vie pendant leur incarcération à Maurice au cours de la Seconde Guerre Mondiale, un pan de l’histoire très peu connu, même des Mauriciens. Le « Beau Bassin Jewish Detainees Memorial & Information Centre » de St Martin retrace leur histoire et leur incarcération.

Ils étaient quelque 1 600 Juifs à débarquer à Maurice du navire l’Atlantic contre leur gré le 26 décembre 1940. A l’instar des milliers de Juifs à cette époque, ils tentaient de fuir la persécution nazie en Europe et gagner la Palestine clandestinement alors qu’elle se trouvait sous administration britannique. Mais une fois sur place, le gouvernement britannique ordonna leur déportation pour « immigration illégale » dans l’une des colonies anglaises : l’île Maurice.

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Pour avoir voulu fuir leur pays d’origine afin d’échapper au nazisme, ces Juifs originaires de Pologne, de Tchécoslovaquie, d'Allemagne, d'Autriche, de Turquie, entre autres, ont été incarcérés à la prison de Beau-Bassin pendant 4 ans et 5 mois, jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Alors qu’ils étaient des réfugiés, ils ont eu le choc de leur vie quand ils se sont retrouvés emprisonnés sur une ile lointaine et inconnue alors qu’ils n’avaient pas commis de crime selon eux.

juifs détenusLes conditions de vie étaient difficiles pour ces détenus. Les familles avaient été séparées : les hommes se trouvaient dans les blocks A et B de la prison de Beau-Bassin et les femmes et les enfants se sont retrouvés entassés les uns sur les autres dans des petites cases en tôle de fortune à l'extérieur de la prison. Ils ne pouvaient se voir librement. La première année fut marquée par plusieurs décès pour causes de maladies : la fièvre typhoïde qu’ils avaient contractée pendant le voyage vraisemblablement ainsi que des épidémies de malaria et de polio.

Les détenus juifs âgés de 18 à 50 ans qui étaient en bonne santé avaient, pour leur part, l’obligation de travailler. Certains étaient tailleurs ou encore jardiniers, d’autres fabriquaient des produits artisanaux, étaient médecins ou enseignants. Ceux qui exerçaient ces deux métiers en particulier avaient le droit de sortir de la prison pour travailler. Pendant cette période de détention, quelque 150 couples se formèrent et une soixantaine de bébés naquirent.

Ce n’est qu’après plus de quatre ans en détention à Maurice, alors que la guerre tirait à sa fin, qu’ils furent informés qu’ils seraient libérés et qu’ils pourraient s’établir en Palestine. Ils quittèrent l’île le 11 août 1945.

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Cette période de l’histoire a été la source d’inspiration de plusieurs romans, notamment celui de Nathacha Appanah, intitulé Le Dernier Frère ou encore « Le Shekel mauricien », un livre retraçant l’histoire de ces Juifs avec force détails écrit par Geneviève Pitot qui aura eu pour enseignante une de ces détenues.

 

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