L’ancienne cheminée du Domaine de Labourdonnais, à Mapou

Les vieilles cheminées des sucreries, témoins immuables du passé de l’île Maurice

A l’époque coloniale, l’île Maurice comptait environ 300 usines sucrières. Aujourd’hui, la plupart sont abandonnées, mais subsistent encore les anciennes cheminées. Celles-ci sont devenues les symboles d’une industrie qui a profondément marqué l’histoire de l’île.

Difficile de manquer les cheminées des anciennes usines sucrières lorsqu’on se balade autour de l’île Maurice. Hautes et imposantes, elles sont visibles parfois de très loin dans les campagnes. La plupart d’entre elles sont laissées à l’abandon, et certaines sont en ruine. Elles servaient jadis à produire de la vapeur ou à faire évaporer le jus de canne, procéssus indispensable pour la cristallisation du sucre.    

Une cheminée de taille modeste à Maison Blanche, Pamplemousses

Une cheminée de taille modeste à Maison Blanche, Pamplemousses

 

La cheminée de Labourdonnais vue de près

La cheminée de Labourdonnais vue de près

La cheminée de la propriété sucrière de Beau Séjour, à Piton.

La cheminée de la propriété sucrière de Beau Séjour, à Piton.

Durant l’apogée de l’industrie cannière à Maurice, au XIXe siècle, le pays comptait près de 300 propriétés sucrières. Chacune était indépendante des autres, et la concurrence était rude. Petit à petit, les plus gros producteurs firent l’acquisition des usines de moindre calibre. A la fin du XXe siècle, les grandes propriétés restantes centralisèrent leurs opérations dans leurs usines principales pour réduire les coûts de production, sonnant ainsi le glas de nombreuses petites usines.

En règle générale, les vieilles cheminées, qui ne servent plus depuis longtemps, sont conservées pour leur valeur historique et symbolique. D’autres, à l’abandon, sont toujours debout, mais les plus anciennes sont souvent en mauvais état. Celles qui sont visibles aujourd’hui datent en général du milieu du XIXe siècle.

L’architecture des cheminées est très souvent la même : la plupart d’entre elles sont de forme rectangulaire, mais quelques-unes sont sphériques. Elles sont faites de pierres de laves noires finement taillées. Certaines culminent à près de 30 mètres, tandis que d’autres ne dépassent guère les 10 mètres.

L’usine abandonnée de l’ancien domaine de Villebague, à Grande-Rosalie, a été envahie par les plantes. Seule la vieille cheminée s’élève désormais au-dessus de ce bois.

L’usine abandonnée de l’ancien domaine de Villebague, à Grande-Rosalie, a été envahie par les plantes. Seule la vieille cheminée s’élève désormais au-dessus de ce bois.

Pour en savoir plus sur l’histoire passionnante de l’industrie sucrière à Maurice, une visite à L’Aventure du Sucre, ancienne sucrerie transformée en musée, est indispensable.

Photo du haut: L’ancienne cheminée du Domaine de Labourdonnais, à Mapou

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