Maréchal-ferrant

Maréchal-ferrant : un métier au service des chevaux

C’est un métier passion qui fait travailler la tête et les mains. Ils sont peu nombreux à Maurice à l’exercer, pas plus d’une dizaine pour être précis. Pourtant le maréchal-ferrant est indispensable au bien-être des équidés. Nous avons été à la rencontre de Denis Grégoire, un de ces hommes qui exercent ce métier méticuleux et qui requiert de nombreuses qualités.

Maréchal-ferrant

Denis Grégoire, l'un des rares maréchaux-ferrants en activité à maurice

Si on ne côtoie pas le milieu équestre, on pourrait croire que les maréchaux-ferrants n’existent plus que dans les livres d´histoire et les contes pour enfants. Erreur. On continue d´avoir besoin de ces artisans qui officiaient déjà sous l´Antiquité.

Denis Grégoire est l´un d´eux. Il ne ressemble pas au costaud et moustachu maréchal-ferrant d´Astérix. Tablier style cow-boy autour de la taille, ce maréchal-ferrant ne manque pas de métier. La quarantaine, Denis a déjà 22 ans d´expérience derrière lui. Fils de palefrenier, la messe était dite. Ce serait au contact des chevaux que Denis travaillerait. S’il a débuté comme palefrenier, son parcours prendra une toute autre tournure trois ans plus tard. L’ancien « Master Farrier » Jean-Marc Halbwachs décèle en lui des qualités nécessaires pour faire ce métier. Sans broncher, il se lance dans cette belle aventure qui sera révélatrice. « J’ai été apprenti. On m’a laissé deux mois pour m’acclimater à ce nouvel environnement. J’avais déjà une bonne connaissance des chevaux, que j’ai par la suite enrichie. » Comme le cheval, une fois ferré il est impossible de revenir en arrière, il était inconcevable pour Denis Grégoire d’en faire de même. Etre maréchal-ferrant, l’immunise contre la monotonie. « On n’arrête jamais d’apprendre. »

En quoi consiste le métier de maréchal-ferrant ? Pour mieux comprendre, nous avons suivi Denis dans un de ses nombreux déplacements autour de l’île. Il ne s’occupe pas que des chevaux de courses, mais également des chevaux de loisirs, d’équitation, des poneys et des ânes.

Maréchal ferrant

Denis en plein parage

Nous l’avons suivi à La Vanille Nature Park pour en savoir plus. A l’ordre du jour : le parage des trois poneys et des cinq ânes du domaine. Une tache plus compliquée que l’on pourrait croire car ces bêtes sont très espiègles et agiles. « Le parage consiste à retirer l’excès de corne du sabot pour qu’il puisse marcher correctement sur ses appuis. La corne c’est comme notre ongle », nous explique le maréchal-ferrant. Avec le cure-pied, la lime, le tablier à la taille et tutti quanti, c’est parti pour deux bonnes heures de travail. Le sabot coincé entre ses genoux, Denis commence à nettoyer le pied de l’animal.  Première étape : enlever, grâce à la râpe et au maillet, l’excédent de corne qui pousse en permanence… comme on le ferait pour nos ongles !  Une sorte de manucure sur-mesure donc… mais qui n’est pas dénuée d’efforts physiques. Car si, lors de l’exercice, les équidés ne ressentent aucune douleur, les tenir le pied recourbé, et ce de façon prolongée, n’est pas sans provoquer quelques ruades et rebellions pas toujours faciles à maîtriser.

On comprend très vite que le maréchal-ferrant doit disposer de solides connaissances sur l'anatomie des chevaux et en particulier les défauts d'aplomb, de boiterie et de pieds. Il connait le pied du cheval et sait comment ferrer et parer un cheval. Il doit surtout savoir se faire obéir de ces animaux pour pouvoir les manipuler. Doté d'une grande habileté manuelle, il a un excellent sens de l'observation. Une bonne condition physique est également nécessaire pour soulever les pieds des chevaux et travailler dans une position semi-accroupie.

Le maréchal-ferrant effectue aussi la pose des fers. « Ces ferrures peuvent être de routine, orthopédiques ou thérapeutiques », précise notre interlocuteur.

Avec du recul, et malgré plusieurs blessures, car ce métier est aussi dangereux, Denis Grégoire avoue ne pas regretter son choix d’orientation.

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