Kono Kono - Pleuroploca Trapezium

Saveurs créoles: le kono-kono

Coquillage marin bien connu des Rodriguais et des Mauriciens, le kono-kono est l’un des fruits de mers les plus appréciés dans les Mascareignes. On le déguste en salade, en curry ou nature, mais il se fait malheureusement de plus en plus rare à cause de la surpêche.

Le kono-kono, aussi appelé “gono-gono” ou “zéro”, est un gastéropode marin (un escargot de mer). A Maurice et à Rodrigues, ce nom regroupe généralement plusieurs espèces et sous-espèces, bien qu’il semble être le plus souvent associé au Turbo argyrostomus, ou encore le Pleuroploca trapezium, espèce plus utilisée à Rodrigues. Ce mollusque est particulièrement recherché pour sa chair tendre, fine et savoureuse.

Le turbo argyrostomus

Le turbo argyrostomus, une des espèces de Kono-konos qu'on trouve dans les Mascareignes

On le consomme souvent en salade, agrémenté d’une vinaigrette maison (la fameuse “salade kono-kono”), mais il existe de nombreuses autres recettes. On peut par exemple s’en servir pour apporter de la saveur au traditionnel “cari volay” (curry de poulet). Traditionnellement, les kono-konos sont bouillis préalablement pour attendrir leur chair.

Cependant, la meilleure méthode pour en savourer le goût reste la cuisson “barbecue”. Les coquillages sont placés dans les braises d’un foyer, opercule vers l'extérieur. Ils sont prêts lorsque la chaleur du feu fait “sauter” l’opercule comme un bouchon de champagne. La chair est dégustée telle quelle, parfois agrémentée d’un peu de sauce soja et de queues d’ail.

Il est assez rare de trouver du kono-kono frais en vente dans les marchés mauriciens. Le coquillage est en effet tellement recherche qu’il est victime de surpêche. Certains diront que c'est à cause de ses effets aphrodisiaques... De plus, les pêcheurs doivent plonger aux abords de la barrière de corail pour en trouver, dans des endroits dangereux souvent balayés par les vagues. Même à Rodrigues, île autrefois célèbre pour son abondance en kono-konos, il se fait de plus en plus rare.

Le coquillage en lui-même est un superbe objet de décoration. Une fois nettoyé de la couche de calcaire qui le recouvre, il révèle une superbe couleur nacrée. On peut également se servir du superbe opercule pour la fabrication de bijoux ou d’autres artefacts.

Photo en tête d'article: Le Pleuroploca trapezium utilisé pour les fameuses salades de Kono-konos à Rodrigues

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