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Paroles d’employés pour un 45e anniversaire - Si le Trou aux Biches m’était conté...

Il y a 45 ans, le 9 décembre 1971, s’ouvrait le Trou aux Biches Hotel, une enseigne qui allait devenir un symbole de l’hôtellerie et du tourisme mauriciens. Aujourd’hui, les anciens bungalows ont cédé la place à de belles villas, et la dénomination a quelque peu changé pour devenir le Beachcomber Trou aux Biches. Mais le changement est seulement physique. Son accueil proverbial et sa chaleur humaine sont toujours là à travers son personnel toujours dévoué. Certains comme Keerpah l’ont connu quand les premiers bungalows sont sortis de terre. D’autres, comme Fatimah Chuttoo, l’on rejoint en route. Tous son indissociables de l’histoire de cet hôtel iconique de l’île Maurice. Ils nous font part de leurs histoires d’amour avec « leur maison ».

Fatima, l’âme du Trou aux Biches

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Fatima : « Le Trou aux Biches, c’est ma vie...Quand je pose ma tête sur l’oreiller le soir, je me dis que je n’ai pas laissé un client malheureux, qu’il dort heureux comme moi je dors heureuse ».

Fatima Chuttoo est sans doute celle qui incarne le mieux l’âme du Trou aux Biches parce qu’elle est en contact permanent avec les clients mais aussi avec tous ceux qui travaillent avec l’hôtel. Quand un client lui pose la question : mais qui êtes-vous, elle répond « celle qui est proche de vous » avant de décliner sa fonction. Fatima est Executive Assistant Manager, responsable des ventes et relations clientèle. Un poste qu’elle occupe depuis maintenant trois ans à la demande de la direction « pour que l’accueil proverbial et la chaleur humaine du Trou aux Biches ne se perdent pas ».

C’est dire l’importance de Fatima au sein de cet établissement. Pourtant, quand elle postule en 1986 pour un poste d’interprète ou de secrétaire, elle est loin de se douter de la tournure que prendra sa carrière. Venue habiter le nord de l’île pour s’occuper de son père malade, cette ancienne secrétaire de chancellerie se voit proposer un poste de secrétaire de direction avec aussi la responsabilité des relations presse.

Après deux ans et demi, elle s’occupe de la relation clientèle et des ventes. Elle sera ensuite promue directrice commerciale, poste qu’elle occupera jusqu’à la fermeture de l’hôtel pour la grande rénovation. À la réouverture, elle prend de nouvelles fonctions d’Executive Assistant Manager avec pour responsabilité les 32 villas de l’hôtel (dont 5 pour le gouvernement). Puis, en 2013, elle est appelée à ses fonctions présentes, soit un retour à ses anciens amours. Mais pour elle, chaque poste a été une opportunité pour bien servir le client. D’où la confiance inébranlable des clients mais aussi des agents de voyages et des tour-opérateurs, en elle.

« Le Trou aux Biches, c’est ma vie », avoue-t-elle. « Quand je pose ma tête sur l’oreiller le soir, je me dis que je n’ai pas laissé un client malheureux, qu’il dort heureux comme moi je dors heureuse ».

Pour Fatima, le travail dans l’hôtellerie est presque un sacerdoce. Elle est à l’hôtel, le matin, le midi et le soir à tel point que les clients lui demandent si elle y habite. Quand l’ancien hôtel devait être rasé, cela a été un vrai déchirement. « Chaque jour je voyais partir des souvenirs. Le dernier a été un carré Hermés vitré recouvert des photos d’enfants que j’avais côtoyés et chouchoutés jusqu’ici… … mes rayons de soleil ».

Elle était là aussi quand le premier bungalow a été rasé, comme pour faire son deuil. Aujourd’hui, la nostalgie a laissé place au bonheur de travailler dans un cadre encore plus magnifique avec une nouvelle clientèle fidélisée mais aussi avec les « repeaters ».

Les hommes au grand cœur du Trou aux Biches Hotel

Guruduth Keerpah, l’éternel vacancier

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Guruduth aura 62 ans au mois d’août prochain et envisage de partir à la retraite à la fin de l’année. « Pour planter des violettes sur une grande échelle »

Guruduth Keerpah est un des rares employés recrutés pour l’ouverture de l’hôtel et toujours en service. Il aura 62 ans au mois d’août prochain et envisage de partir à la retraite à la fin de l’année. « Pour planter des violettes sur une grande échelle », envisage-t-il.

Chauffeur de club car, il a été recruté comme jardinier à l’âge de 16 ans grâce à sa mère qui connaissait un responsable des jardins. Peu de temps après, l’hôtel lance un golf de trois trous et il sera appelé à y travailler. Avec l’ouverture du green de neuf trous, il deviendra golf attendant. « Le superviseur trouvait que j’étais serviable et que je savais parler aux clients ». Ayant appris le jeu entre-temps, il sera appelé à donner des leçons de golf aux clients. Il participera également à des tournois avec un certain succès.

Keerpah adore son travail qui lui a permis d’avoir son propre terrain et sa maison. « J’ai toujours senti que je venais en vacances à l’hôtel et non pas pour travailler. Pour moi, cela a toujours été l’occasion de parler et rire avec les clients ».

Il a plutôt mal vécu le projet de rénovation de l’hôtel et surtout la disparition du golf, qui l’a beaucoup chagriné. Redéployé comme bagagiste, il retrouvera le sourire quand il est finalement affecté comme chauffeur de club car. Il pourrait continuer à travailler au Trou aux Biches qu’il considère comme sa maison mais préfère partir alors qu’il est encore fort physiquement. Outre son projet de plantation, il espère pouvoir continuer de jouer au tennis et peut- être au golf sur le nouveau green de Mont Choisy.

Armand Pyanee, toujours à la pointe de la technologie

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Après 35 ans de service, Armand part à la retraite fin janvier à l’âge de 64 ans. Avec un grand pincement mais des projets pleins la tête : il veut fonder un projet de coopérative agricole.

Armand Pyanee, est arrivé au Trou aux Biches au début des années quatre-vingts au moment où le pays passait par une terrible crise économique. Électricien chez DDS, il venait souvent faire des travaux de maintenance à l’hôtel. Alors que son entreprise allait procéder à des licenciements, l’hôtel montait sa propre équipe de maintenance. Il a la chance de se faire embaucher comme électricien/plombier. « Au départ, j’avais peur du nouveau système de travail. L’hôtel était un lieu fermé avec des heures indues. J’habitais à Beau Bassin et je pensais partir si j’arrivais à trouver mieux ».

Mais le meilleur, c’était le Trou aux Biches et, en dépit des contraintes, Armand finit par aimer le cadre et trouver les avantages de travailler dans l’hôtellerie en plein développement.

Après une quinzaine d’années, il sera appelé à travailler sur le golf où on mettait en place un système d’arrosage informatisé. Il y fera une dizaine d’années jusqu’à la fermeture du golf et de la rénovation de l’hôtel.

Armand sera redéployé vers le service d’entretien où il sera promu superviseur de plomberie. Après 35 ans de service, il part à la retraite fin janvier à l’âge de 64 ans. Avec un grand pincement mais des projets pleins la tête : il veut fonder un projet de coopérative agricole.

Son expérience lui sera bien utile car au fil des années il s’est mis à la pointe de la technologie du secteur. Pour lui, la rénovation du Trou aux Biches était nécessaire même si cela a apporté de nouvelles contraintes techniques. « On doit s’occuper de 120 piscines. On a un nouveau système de chauffage d’eau. Les appareils sont plus modernes mais souvent plus fragiles ».

Il emmènera également de bons souvenirs,comme « la venue des politiciens à l’hôtel. C’était l’occasion de les voir de près, de les côtoyer. C’est ainsi que je me rappelle qu’en 1983 ou 84, lors d’une réception, l’ancien Premier ministre Sir Sewoosagar Ramgoolam avait été « oublié ». Je l’ai alors guidé au restaurant ».

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