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Sur l’une des plus belles routes du monde

Désert, aride, chaleur torride, climat sec, l’Ouest de l’île Maurice a pendant longtemps été la région dédaignée de l’île. L’implantation des hôtels et le développement foncier autour de Tamarin principalement, ont apporté un intérêt croissant pour cette côte riche d’histoires mais aussi d’une beauté sauvage époustouflante. Il faut pour cela, visiter les lieux au rythme de la vie des villages côtiers. La route, parfois sinueuse, s’y prête et la mer et la montagne se disputeront votre regard.

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La vue des hauteurs de Cascavelle

Nous commençons notre randonnée sur les hauteurs de Cascavelle, petit village accolé à la montagne du Rempart. Il tient son nom d’une plante, la cascavelle jaune. De là, on a une vue magnifique sur la côte ouest d’Albion jusqu’au Morne. On peut remarquer le toit de la salle de conférence de l’hôtel La Pirogue qui dépasse des cocotiers à Wolmar. Mis à part la plage, les hôtels et restaurants, Wolmar et Flic en Flac, offrent peu d’intérêt. On contourne le village de Cascavelle pour déboucher juste avant Casela et prendre à gauche pour aller vers Tamarin. On passe devant la montagne du Rempart qui se dresse fièrement comme un pic. On aperçoit juste derrière les Trois Mamelles, alors que droit devant pointe le Piton de la Petite Rivière-Noire, le plus haut sommet de l’île . Les formes des montagnes laissent la place à l’imagination et, sans se prendre pour Malcolm de Chazal, on pourrait croire qu’elles ont une âme.

Nous atteignons le village de Tamarin. A l’entrée, derrière une grille, un grand espace soigneusement divisé et habillé de pierres noires attire l’attention. On peut y voir parfois des femmes qui raclent le sol pour construire de beaux cônes blancs. Ce sont les salines de la famille Maingard. Les dernières encore en activité sur l’île. Témoin d’un autre temps, elles semblent faire un véritable pied de nez au développement foncier qui a envahi les lieux jusqu’aux hauteurs de la Tourelle de Tamarin. On peut s’y arrêter pour acheter du sel en gros et parler aux ouvriers même s’il n’y a pas de visite organisée. En face des salines, le chemin mène vers la plage de Tamarin, connue comme un des meilleurs spots de surf sur l’île. Si l’on continue tout droit sur la grande route, nous passons devant une autre saline qui a cessé ses activités et qui abritait jusqu’à peu, un petit musée du sel. Destinée à devenir un site de développement immobilier.

Tour Martello

Plus_belle_route_du_monde_3À l’intérieur du musée de la Tour Martello de La Preneuse.À deux kilomètres de là, un petit chemin mène vers la plage de La Preneuse. Très fréquentée et offrant une vue imprenable sur le Morne, elle abrite également une Tour Martello. Elle témoigne du génie des ingénieurs britanniques qui en construiront 200 dans le monde pour protéger l’Empire. Entre 1831 et 1834, cinq tours similaires furent construites à Port-Louis et Rivière Noire afin de protéger l’île contre une éventuelle attaque des Français qui seraient venus en aide aux colons opposés à l’abolition de l’esclavage. Elles ne furent toutefois jamais utilisées.

Aujourd’hui, seulement trois sont toujours conservées. Celle de La Preneuse a été restaurée et transformée en musée par Friends of the Environnement avec des fonds collectés auprès d’entreprises mauriciennes et de chancelleries étrangères.

Un peu plus loin une petite bicoque charmante en pierre et en bois semble s’abriter du soleil de Rivière Noire sous un imposant banian. Il s’agit d’un ancien poste militaire qui a aussi servi de morgue avant d’être converti en bureau de poste aujourd’hui. C’est un petit édifice qu’il faut absolument préserver.

Nous continuons notre route vers le sud, traversant le village de Rivière Noire. Tout au bout, un chemin conduit vers le Parc national et les Gorges de la Rivière-Noire, un des rares endroits encore préservés de l’île.

Bifurquons plutôt à droite vers Petite Rivière Noire. Un peu avant le village au détour de la route, la montagne du Morne surgit brusquement offrant une scène extraordinaire. À l’entrée du village, la petite chapelle de Fatima rappelle les chapelles africaines. Elle n’a pas de porte et le public peut assister aux services sur des bancs disposés à ciel ouvert dans la cour.

Terre de sept couleurs

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La « Terre de sept couleurs », carte postale de Maurice.

Nous voici à présent à Case Noyale. Arrêt à l’embarcadère pour s’émerveiller de la majesté des banians, aussi appelé « pyé lafouche ». Arbre d’une grande importance dans l’hindouisme et le bouddhisme, il aurait été apporté par les immigrants indiens. Son ombre était réconfortante pour les voyageurs autrefois. Aujourd’hui on peut y voir les pêcheurs se mettre dessous pour construire et réparer leurs filets de senne ou pour jouer aux cartes.

Après Case Noyale, nous prenons la direction de Chamarel. Le chemin monte vertigineusement en lacets laissant voir à chaque tournant un peu du magnifique plan d’eau qui se dévoile plus bas. Juste à l’entrée du village, un mirador a été aménagé pour jouir d’un point de vue époustouflant. (Il est conseillé de garer votre véhicule plus haut dans un parking aménagé afin de ne pas gêner le passage). Le village de Chamarel est pittoresque avec sa chapelle Sainte-Anne qui date de 1876 et qui fait l’objet chaque année d’un pèlerinage à l’occasion de la Fête de L’Assomption et son nombre incroyable de restaurants (près d’une quinzaine pour une population de moins de 1 000 personnes). Il est aussi connu pour sa « rhumerie », sa « Terre de sept couleurs » et, depuis peu, son « Curious corner ». Les dunes de la terre de sept couleurs peuvent atteindre jusqu’à 15 m d’épaisseur et contiennent des traces d’anciennes activités géoclimatiques. Les couleurs indiquent la présence d’éléments comme l’aluminium et le fer sous des formes oxydées. Le chemin qui y mène passe par une magnifique cascade, devenue lieu incontournable pour se prendre en photo.

En face de l’entrée de la « Terre de sept couleurs » s’est installé depuis maintenant trois ans, le « Curious corner ». Un lieu plein de surprises renversantes pour des fous rires à foison. À visiter avec un appareil photo.

Patrimoine mondial

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Le monument dédié à Matthew Flinder

Après ces émotions, descendons par Fantaisie, vers Baie du Cap, petit village de pêcheur avec un très beau front de mer. Nous tournons à droite, direction le Morne. Un premier arrêt au monument dédié à Matthew Flinders, célèbre navigateur et explorateur britannique et un des plus remarquables cartographes de son époque. Obligé de s’arrêter à Maurice en 1803 (alors île de France) et ignorant que l’Angleterre était de nouveau en guerre contre la France, Flinders fut retenu prisonnier par le gouverneur français, le général Charles Decaen. En dépit du fait que le gouvernement français, suite à la demande de Londres, exigeât sa libération, Flinders resta consigné sur l’île pendant près de sept ans, où il fut néanmoins reçu dans les meilleures familles.

Du monument, on aperçoit le rocher de Macondé, passage obligé pour se prendre en photo et admirer d’une part les eaux turquoise et de l’autre une végétation luxuriante. Pas étonnant, qu’elle a été désignée 10e plus belle route du monde par Le Petit Futé. En face du rocher, un marchand propose un jus de fruits et légumes dont il garde jalousement le secret. Un must pour son côté rafraîchissant mais aussi pour une saveur inconnue et délicieuse.

Nous continuons ensuite vers le Morne en suivant la route qui s’étire paresseusement le long du littoral où la mer est une invitation de tout instant à une baignade. Le Morne, autre village de pêcheurs, est aujourd’hui un site du Patrimoine mondial de l’humanité. C’est sans doute un des plus beaux sites de l’île avec un paysage presque intact. Il est très important au point de vue historique et pour la mémoire collective car il fait partie de l’histoire de l’esclavage et reste connu comme un symbole de résistance. Un monument est dédié à cette histoire sur le flanc ouest de la montagne. Ce dernier qui culmine à 556 mètres est désormais accessible à l’ascension. De difficulté moyenne, elle offre une vue panoramique imprenable sur la côte ouest et sud de l’île et sur le plateau central de Yemen jusqu’à Quatre Bornes et aussi vers Plaine Champagne. Il faut compter une demi-journée pour l’ascension. En attendant, terminons la journée, sur la plage du Morne avec comme décor un magnifique coucher du soleil.

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Le site du Patrimoine mondial de l’humanité au Morne

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