Diane Koenig

Diane Koenig : on essaie de créer de petits moments de bonheur

Responsable des jardins de Beachcomber Resorts & Hotels (Nord)

Quand on pénètre dans un hôtel, et surtout un resort tropical, bien avant la réception, on est accueilli par une nature luxuriante qui offre le premier dépaysement. L’architecture des hôtels, si elle est bien réussie, se fond d’ailleurs dans cette nature. Si l’on s’extasie souvent devant le travail de l’architecte, on ne rend pas toujours crédit au paysagiste ou aux jardiniers. Et c’est bien dommage, déplore Diane Koenig, responsable des jardins pour les hôtels du nord du groupe Beachcomber. Lors d’une rencontre dans les jardins du Royal Palm, elle nous a expliqué sa passion pour les plantes et les fondements du travail du jardinier.

Diane Koenig se présente toujours comme « jardinier » et non pas comme paysagiste. « Je n’ai pas fait d’études de paysagiste comme on pourrait le croire mais j’ai toujours été passionnée par les plantes et la nature. J’ai débuté à Casela pour remplacer une amie qui était partie faire des études. Là, je rencontre Maurice Koenig, qui travaillait pour Medine et qui m’emmène à la découverte de la flore à travers les terrains de chasse ». Plus tard elle sera approchée par Michel Daruty, directeur du Trou aux Biches et du Victoria, pour s’occuper des jardins de ces hôtels, trois fois la semaine.

Après l’incendie du Victoria, Diane Koenig entame sa première rénovation de jardin d’hôtel. « J’ai beaucoup appris sur le tas et puis enchaîné les rénovations, le Trou aux Biches et le Royal Palm notamment. J’ai beaucoup appris avec les gens qui m’entourent, les jardiniers principalement ».

La rénovation du Trou aux Biches sera sans doute la plus instructive puisqu’elle durera quatre ans. « Nous avons travaillé à partir des arbres que nous souhaitions conserver. L’architecte, Mico Giraud, a fait son plan en tenant compte de cela. Bien sûr on a rajouté d’autres arbres, mais l’idée était de travailler avec ce qui existait déjà et conserver la nature autant que possible. Durant toute la rénovation, cela a été un travail perpétuel de préservation, un travail d’équipe ». Après cette belle expérience, Diane Koenig est nommée responsable des jardins des hôtels du groupe Beachcomber dans le Nord, Trou aux Biches, Le Canonnier, le Victoria, le Mauricia et Royal Palm. « En prenant cette responsabilité, je constate alors que le métier de jardinier est peu valorisé, faisant même partie du dernier maillon de la chaîne. Il était classé dans le secteur maintenance alors que ce sont deux métiers complètement différents ».

Diane Koenig

Diane trouve que les conditions ne sont pas toujours intéressantes avec de bas salaires avec et se faisant souvent dans des conditions difficiles.« La valorisation du métier passe par la formation des jardiniers sur des aspects différents comme l’arrosage, la plomberie, l’électricité ; la mécanique des appareils de jardin qui n’est pas la même que pour les automobiles. C’est ce qu’on a commencé à faire. On espère susciter des vocations car les équipes sont vieillissantes et on a du mal à trouver la relève. Mais avec le nouveau dynamisme chez Beachcomber et la séparation entre maintenance et jardin, il y a de l’espoir ».

Déjà, elle explique que la conception du métier a changé. « Autrefois on se contentait de planter des cocotiers et des bougainvillées. L’arrivée de compagnies étrangères a changé la donne. On vient plus aujourd’hui avec l’idée de jardins dessinés ». N’ayant pas de formation académique pour le dessin paysager, Diane marche dans le jardin et son crayon lui sert de bâton avec lequel elle dessine sur la terre, sur les rochers. « C’est un peu compliqué pour présenter les projets mais la confiance est là », assure-t-elle, avec un grand rire.

La responsable des jardins explique que dans ce métier « il y a besoin d’énormément de poésie que l’on voit dans les couleurs, dans les petites bêtes qui se faufilent, les couleurs du ciel en arrière-plan. On essaie d’être des créateurs de petits moments de bonheur pour ceux qui traversent le jardin ».

Diane Koenig

Diane déclare qu’elle aime beaucoup travailler avec les feuillages colorés, des arbres et arbustes aux formes différentes et les rochers qui apportent des points d’ancrages. « On travaille avec le vivant. Ce qui rend le travail plus difficile mais aussi plus intéressant ». Pour elle, les éléments essentiels dans un jardin d’hôtel sont les contraintes de maintenance, la nécessité de privilégier des plantes robustes demandant peu de soins, des plantes endémiques simples plutôt que des plantes exceptionnelles mais délicates demandant plus d’attention. « On plante ainsi les lataniers, bleus ou de Rodrigues, des cranium mauricianum, des ruellia… ».

Quant aux cocotiers, incontournables dans l’image de l’île tropicale paradisiaque, « leur culture n’est pas toujours facile car il faut nettoyer régulièrement, cueillir les noix… ». Ils ne sont donc pas près de disparaître tout comme le métier de jardinier.

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