Steve Sowamy

Steve Sowamy : « Je suis fasciné par le beau »

Des œuvres de Picasso à Maurice, comme au musée d’Orsay ou au musée Picasso ! Ce qui pouvait être perçu comme un rêve fou d’amateur d’art ou de directeur de musée est devenu une réalité pendant près de deux mois au Blue Penny Museum. Cela, grâce à l’ambition de son directeur, Emmanuel Richon, mais aussi et surtout au marchand d’art, Steve Sowamy. Inconnu jusque-là chez nous, ce Français, aux origines et à l’apparence bien mauriciennes, veut apporter à son île natale, ce que l’art lui a donné : la possibilité de côtoyer et d’admirer le beau. Nous l’avons rencontré au milieu des œuvres qu’il a amenées jusqu’à nos rivages et découvert un homme qui ne vit que pour l’esthétisme.

Né à l’île Maurice en 1963, il a habité Triolet et fréquentait l’école publique Maheswarnath. Aîné d’une fratrie de quatre enfants, il quitte le pays avec ses parents à l’âge de sept ans. Il garde peu de souvenirs de cette époque et ne retournera à Maurice qu’en 2008, soit 38 ans plus tard. Depuis, il est revenu sur l’île en quatre occasions comme pour un retour aux sources nécessaire et vital.

Le parcours de Steve Sowamy est atypique pour la profession de marchand d’art. « Généralement, c’est un métier qui se transmet de génération en génération ; des générations de marchands, d’experts, de commissaires-priseurs. Ce qui n’était pas du tout mon cas ; je débarquais comme un extraterrestre, avec ma couleur, mes différences qui finalement ont été une force », explique Steve Sowamy. Au départ, rien ne semblait le destiner à ce métier. Steeve Sowamy avait fait des études de droit et voulait embrasser une carrière de diplomate. Mais il débute à la Bourse de Paris où il ne va toutefois pas rester longtemps. « Pour y travailler, il fallait oublier qu’on avait un cœur », laisse-t-il entendre.

Une déception amoureuse allait l’éloigner de ce milieu financier et pendant deux ans, Steve Sowamy se cherche. Il finira par trouver sa vocation dans la passion qui l’avait toujours habité : la recherche du beau, de l’esthétisme. « Cela fait partie de mon ADN. J’aurais pu être dans le cinéma, dans le théâtre dans d’autres champs de la culture, finalement je me suis retrouvé dans les tableaux et les sculptures. Ce qui me convient tout à fait. Exercer ce métier était un choix volontaire, par passion pour l'art et les beaux objets ». Il nous avoue que les artistes qu’il aime sont surtout ceux du XIXe et XXe siècles. Notamment, Jean Dubuffet, figure emblématique de l’art brut, et Nicolas de Staël, peintre français d’origine russe, un peu artiste maudit, suicidé à l’âge de 42 ans.

Pendant ses 23 ans de métier, Steve Sowamy a fait de belles rencontres qui lui ont permis de s’immiscer progressivement dans ce monde assez fermé. « J’étais l’exotic bird de ce marché ». Mais ces qualités de diplomate, qu’il aurait voulu être au départ, ses connaissances du droit vont lui permettre de se faire un nom rapidement. « Quand on vend un tableau, il faut connaître la fiscalité et les règles douanières. Entrer dans ces collections implique également d’entrer dans la vie privée des propriétaires. Quand ils vous confient les œuvres, ils vous confient leur patrimoine ; il faut vraiment inspirer confiance pour pouvoir se faire accepter »

Pour M. Sowamy, pour être un bon marchand d’art, « il faut savoir être à l’écoute de ses clients, être un bon diplomate, être aimable, poli, joyeux, il faut savoir défendre une œuvre et faire preuve d’une grande intégrité », nous confie-t-il avec son sourire qui semble ne jamais le quitter.

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