Vincent Duvergé

Vincent Duvergé : « Aujourd’hui, les gens rient moins de tout »

Producteur et humoriste à 23 ans, Vincent Duvergé est monté sur scène à deux reprises en 2018 pour son oneman-show qui affichait complet en juin et novembre. Rencontre avec un jeune talent plein de vie et d’entrain qui s’inspire du contexte mauricien et des scènes de la vie de tous les jours pour créer des sketches dans lesquels chacun s’identifie forcément.

Quand tu es monté sur scène en juin pour ton premier one-manshow, quel était ton feeling ?

C'est indescriptible. C'est vraiment un rêve de gosse qui s’est accompli ce jour-là. Mais juste avant de monter sur scène, j'étais livide, je pensais que j'allais faire une syncope et une fois que les premiers rires ont fusé, j'étais sur un petit nuage.

Comment es-tu devenu humoriste ? Raconte-nous ton parcours.

Tout a démarré quand quelqu'un m'a conseillé de faire des vidéos et de les poster sur YouTube. À l’époque, je ne comprenais pas trop le concept, il n'y avait pas de youtubeurs à Maurice. J'ai donc regardé les vidéos des youtubeurs français tels que Norman et Cyprien et puis, un jour avec un ami, on a fait une vidéo pour amuser nos potes et ça a pris des proportions inattendues.

Qu’est-ce qui t’a poussé à faire de l’humour ?

Le déclic a été de voir des humoristes tels que Gad Elmaleh, Franck Dubosc ou encore Jamel Debbouze se produire sur scène à Maurice.

Et à quel moment tu t’es dit que tu pourrais en faire ton métier ?

C’est tout récent, quand je suis rentré de mes études en Australie en 2016. J'ai compris qu'être humoriste à Maurice n'était pas forcément impossible. Il suffit d'être un peu polyvalent, de faire un peu de radio, un peu de vidéos et de la scène afin de pouvoir vivre de l'humour.

Qu’est-ce qui t’inspire pour créer tes sketches ?

Ça peut être tout et n'importe quoi : quelqu'un que je vois dans la rue, un membre de ma famille, ou même une histoire que j'ai lue dans les journaux mais, en général, c'est typiquement mauricien. J'aime beaucoup faire des sketches qui sont liés à notre pays, à nos différentes cultures.

Raconte-nous ton spectacle...

Alors, il y avait un peu de tout : un sketch où je compare Maurice et l’Australie avec un regard bien mauricien, sur les Mauriciens qui sont en Australie depuis des années. Il y a aussi des personnages tels que celui du coiffeur, qui est basé sur mon coiffeur, un chasseur, les Miss Mauritius, sur les animateurs radio et leurs tics de langage, et sur l’Île Maurice en général – la conduite sur nos routes, par exemple.

Quand tu n’es pas sur scène ni au travail, où peut-on te retrouver ?

Au fond de mon lit, en train de dormir. J'aime bien être chez moi, je ne sors pas beaucoup sauf pour aller à l'Apéro Comedy ou dans les centres commerciaux pour faire du lèche-vitrines.

As-tu rencontré des obstacles sur ta route ?

Il n’y a pas vraiment eu d’obstacles mais aujourd’hui, je remarque que les gens rient moins de tout. Avant, on pouvait rire de plus de choses mais maintenant, les gens sont de plus en plus coincés, il y a moins d’ouverture d’esprit sur certains sujets, ce que je trouve dommage.

Toi, qu’est-ce qui te fait rire ?

J’apprécie énormément l’humour noir. Je n’excelle pas forcément dedans, mais j’aime beaucoup regarder les humoristes tels que Jeremy Ferrari. J’aime beaucoup les blagues qui sont faites sur certains sujets très tabous qui ne font pas rire tout le monde. L’humour noir brise les codes et permet de se décoincer. Bien entendu, il faut rester dans le respect et il faut que ce soit bien fait.

Quel est l’humoriste qui t’inspire le plus ?

Je ne dirais pas qu’il y en a un en particulier, mais le parcours de Manu Payet m’inspire. C’est un Réunionnais qui a fait son bout de chemin : il a commencé en faisant de la radio, est devenu responsable d’antenne de NRJ Réunion, puis est devenu humoriste, et il joue aujourd’hui dans des films français. Il y a aussi Kevin Razy qui est une inspiration pour les jeunes Mauriciens comme moi.

Tu as fait un one man show à 23 ans, quelle est la prochaine étape ?

Un prochain one-man-show très probablement avec de nouveaux sketches, de nouvelles histoires. J'aimerais faire du théâtre aussi, donc on verra bien l'année prochaine (NDLR : 2019).

As-tu des conseils pour ceux qui veulent se lancer ?

De ne pas trop se poser de questions, de foncer. Il faut aussi prendre le temps d'écrire, c'est la partie la moins fun certes, mais c'est essentiel, cela permet d'avoir les idées en place quand on écrit des sketchs. Pour ceux qui aimeraient faire du stand-up, il y a une plateforme qui existe, qui est l’Apéro Comedy et qui a permis de découvrir de nouveaux talents. Il y a aussi les réseaux sociaux qui représentent une bonne base pour ceux qui souhaitent se lancer.

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