Au 7e ciel dans le Maasai Mara

Au 7e ciel dans le Maasai Mara

Rêver de flotter dans les airs au-dessus des plaines africaines… et réaliser ce rêve. C’est au Kenya qu’il a pris forme. Un vol en montgolfière au dessus du Maasai Mara pourrait bien être l’une des plus belles expériences à vivre au moins une fois dans sa vie. Un pur moment de grâce.

L’aventure commence à l’aube, bien avant le lever du jour. Car c’est au petit matin que les conditions météorologiques sont les plus favorables. Il fait encore nuit et étonnamment froid lorsqu’il faut se rendre au point de rendez-vous. Sur le chemin, pour rejoindre la base de lancement, il n’est pas improbable de croiser des animaux hagards, surpris par les lumières et le bruit du véhicule qui perce le silence de la nuit. Les oiseaux commencent à peine à s’agiter.

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C’est avec une pointe d’excitation et les yeux encore endormis, mais prêts à s’émerveiller, que l’on se laisse porter. Le temps de humer les odeurs de terre mouillée par la rosée nocturne et d’entendre un lion rugir au loin. La savane s’éveille.

Au 7e ciel dans le Maasai Mara

Le ballon multicolore s’élève dans le ciel, accompagnant les premiers rayons du soleil sur les plaines embrumées, et dévoile un paysage grandiose.

Des flammes dans le ventre du dragon

A l’arrivée, une bonne quinzaine de personnes s’active déjà autour du ballon posé au sol, prêt à être gonflé. Le pilote accueille les voyageurs avant la préparation au lancement. Pour tous, il s’agit d’une première fois. La curiosité, l’excitation, l’appréhension, se mêlent à l’émotion de vivre bientôt une grande première..

Un ventilateur puissant remplit l’enveloppe d’air froid en 5 minutes. Le pilote allume ensuite les brûleurs, dont les flammes vont réchauffer l’air intérieur. Le décor s’illumine, créant un contraste quasiment artistiqueavec le ciel couleur pastel. L’air chaud devient alorsplus léger, l’enveloppe de la montgolfière se lève peuà peu du sol. Les passagers assistent à toute l’opération,impressionnés par le volume du ballon qui fait bien lataille de deux éléphants. Un spectacle en soi.

Après un exposé des mesures de sécurité et une démonstration de la position d’embarquement et d’atterrissage, tout le monde prend place dans la nacelle. Seize personnes maximum. Les corps se hissent, la tension monte, le pilote prend les commandes et se concentre, l’émotion est palpable. L’atmosphère silencieuse laisse bientôt place à la magie de l’envol… Les brûleurs crachent leurs flammes. Le décollage se fait tout en douceur. Le ballon multicolore s’élève dans le ciel, accompagnant les premiers rayons du soleil sur les plaines embrumées, et dévoile un paysage grandiose. L’Afrique dans toute sa splendeur ! La sensation de flotter au dessus de l’immensité des terres africaines fait son œuvre.

Au 7e ciel dans le Maasai Mara

Le ballon permet d’observer les lions sans danger

Promenade aérienne

Une montgolfière vole toujours au grè du vent, en fonction de sa vitesse et de sa direction. Le pilote ne contrôle que le mouvement de montée et de descente. En une heure, elle parcourt 10 à 20 kilomètres en moyenne et peut prendre jusqu’à 1 000 mètres d’altitude. Le lieu d’atterrissage n’est jamais connu àl’avance. Il n’existe donc jamais deux vols identiques. Au fil de cette promenade aérienne dans l’un des parcs les plus mythiques d’Afrique, des moments d’altitude alternent avec des passages en rase-mottes, au-dessus des forêts, des marécages et des plaines, des rivières sinueuses… Les perspectives s’ouvrent et l’on comprend mieux l’écosystème du Maasai Mara,avec le mouvement des animaux, les différents typesde végétation et les reliefs… Au son des brûleurs, bienmoins bruyants qu’un avion, un hélicoptère ou un Ulm,le ballon avance, effleure la tête des girafes, surprend une famille d’éléphants, disperse un troupeau de gazelles, survole des groupes d’hippopotames impassibles… Avec un peu de chance il est même possible d’apercevoir des lions, des hyènes, des guépards et autres prédateurs. Et de juillet à octobre… la grande migration des gnous ! Un safari des airs en montgolfière est le meilleur moyen d’y assister.

Petit-déjeuner spécial « Out Of Africa »

L’atterrissage en trois temps, trois rebonds, n’est pas moins teinté d’adrénaline. Le pilote avait prévenu, il faut parfois s’accrocher !

Le lieu d’atterrissage est décidé en concertation radio avec un co-équipier au sol. Quand la descente est amorcée, la position de sécurité doit être fermement maintenue. « Premier rebond : le panier effleure le sol. Deuxième rebond : le panier s’enfonce dans le sol, puis se redresse. Troisième rebond : nous sommes au sol ». Littéralement. La nacelle renversée et la tête dans les buissons, mais avec la satisfaction de sensations inoubliables.

Au 7e ciel dans le Maasai Mara

Après l’atterrissage, l’équipe au sol prend le relais, aide le groupe à sortir du panier et s’affaire à replier le ballon. Le safari se termine dans un cadre idyllique, pour un petit-déjeuner dans la brousse, servi sous un acacia. Digne d’« Out of Africa ». Un toast au « champagne » (ou disons… un bon « mousseux ») célèbre ce beau moment partagé. On trinque avec gratitude. Le temps est comme suspendu, et chacun savoure joyeusement sa dose de bonheur encore accrochée aux nuages.

Texte et photos Sophie Rocherieux

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