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Association des planteurs de Pandanus du Sud-est - Le retour des «tentes vacoas»

Elles n’ont pas attendu l’interdiction des sacs en plastique pour se lancer dans la production de sacs en vacoas, nos traditionnelles « tentes bazar » ou « tentes l’école ». Regroupées au sein de l’Association des planteurs de Pandanus du Sud-est, une quinzaine de femmes de la région est de l’île, sous la houlette du couple Jean-Pierre et Fabiola Marius, perpétuent une tradition ancestrale vieille de près de trois siècles.

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Des bandes colorées en plastique sont ajoutées pour faire des produits plus
tendance.

C’est Jean-Pierre et Fabiola Marius qui ont décidé de réunir ces femmes et de mettre sur pied cette association. « Nos femmes sont aujourd’hui obligées de travailler dans des usines souvent très loin de chez elles avec des contraintes sur la vie familiale. Or, elles ont hérité de ce savoir-faire de leur mère, tantes et grands-mères, qui les aide à gagner leur vie. D’où l’idée de les regrouper et de relancer la production des tentes de vacoas », explique Jean-Pierre Marius. Avec l’aide du Mouvement Autosuffisance Alimentaire (MAA), il va créer l’Association des planteurs de Pandanus du Sud-est. Grâce à des sponsors, à savoir, l’UNDP-GEF, le Groupe FAIL, la MCB Forward Foundation et le Blue Penny Museum, l’association obtient un centre-atelier où sept femmes viennent quotidiennement travailler, explique Fabiola Marius. « Les autres travaillent de chez elles dans les villages de la côte sud-est notamment à Providence, Anse Jonchée, Grand Bel Air ou Bambous Virieux »

Le regroupement en association a permis à ces femmes d’améliorer la qualité de leur travail et d’apprendre de nouvelles techniques, assure Jean-Pierre Marius. « Il y a l’addition de nouveaux matériels, comme le tissu, des bandes colorées en plastique. On travaille aussi le jute, on fait des sacs de toile, des nattes et des panneaux de ravenala sur commande ».

La principale difficulté que rencontrent ces femmes, c’est l’accès aux feuilles de vacoas qui deviennent rares. « Il faut aller loin pour les trouver. On demande parfois l’autorisation auprès du conseil de district pour couper les plantes au bord des routes. Il faudrait que le gouvernement nous aide en relançant les plantations de vacoas ». Une initiative qui devrait aider les autorités dans leur politique de diminution des déchets plastiques. Mais il faut faire vite car une plante prend quatre à cinq ans pour arriver à maturité est reste productive pendant une dizaine d’années.

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La machine à coudre est venue s’ajouter à la traditionnelle aiguille pour des
produits de meilleure qualité.

Ce sont les feuilles qui sont utilisées pour la fabrication d’objets divers. « Il faut les couper une par une, puis, enlever les rebords où se trouvent les piquants et laisser les feuilles sécher entre deux et quatre jours dépendant du taux d’ensoleillement. Ensuite on coupe de fines lanières selon l’objet que l’on va tresser, puis on gratte la feuille à l’aide d’un couteau. C’est alors que l’on peut commencer le nattage ». Les produits finis sont livrés dans les foires à Mahebourg, Flacq ou Bel-Air Rivière Sèche où remis à des particuliers qui en font la commande. Si les « tentes bazar », « tentes l’école » ou sacs à main sont les plus demandés, l’association travaille aussi sur d’autres projets comme l’habillage d’objets divers, déclare Fabiola.

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