balie fatak

« Balié fatak », cet objet essentiel de la vie mauricienne

« Kouchou kouchou derriere la porte ? »,« Pas blié mett balie devant la porte avant ale dormi », « rode ene boute balié pou tire lizié » ou encore « Si enn dimoune pe gagne ene crise épilepsie, batte li coute balié fatak , li pou bien ». Toutes ces phrases ont bercé notre enfance mauricienne. Vous l’aurez deviné, il s’agit bien du « balié fatak ».

balie fatak

Les plants de fataque qu'on retrouve le long des routes de l'île

En effet, le megathyrsus maximus, plus communément appelé herbe fataque, est utilisé depuis longtemps dans la confection de balais artisanaux. Pour la fabrication de ce balai, les tiges de fataque sont récoltées puis séchées au soleil. Vient ensuite l’étape du battage pour enlever les milliers de petites graines qu’elles contiennent. Les tiges sont ensuite triées, tressées et assemblées.

Le balié fatak est aussi un élément important du folklore mauricien. Bien que les balais en plastique ont aujourd'hui trouvé leur place dans les maisons mauriciennes, le balai fatak est toujours utilisé par un grand nombre pour le ménage, mais pas que ! Ce fameux balai avait une très grande importance dans les anciennes croyances et était souvent associé à la sorcellerie ou autres superstitions. Il n’y a pas si longtemps, ce balai était réputé pour porter bonheur selon son utilisation ou au cas contraire pouvait être de mauvais augure.

balie fatak

La fameuse sirandanne « Kouchou kouchou derriere la porte ? »

Etonnant parfois, les légendes et histoires que nous racontaient nos grands-parents au sujet de cet objet. On pouvait retracer l’origine de certaines superstitions alors que d’autres en avaient une assez indéfinie. Par précaution, voici quelques conseils à suivre… Ne jamais balayer ses marches après la tombée de la nuit car cela pourrait amener un « movezer » (« mauvais esprit ») à pointer le bout de son nez ; ne jamais passer le balai à quelqu’un de mains en mains car cela risquerait de créer des conflits et, le plus important, ne jamais, au grand jamais, balayer les pieds d’une personne qui risquerait de ne pas se marier et rester « vié fi » ou « vié zen » toute sa vie.

Voilà, le « balié fatak » n’a plus de secret pour vous.

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