Nos Ambassadeurs : Michel Legris

Plus de quarante ans après avoir remporté le concours Sugar Time avec son morceau Mo Capitaine, qui l’a révélé au grand public, Michel Legris demeure une figure incontournable du séga mauricien. « Mo Capitaine », comme le prénomme ceux qui le croisent dans la rue, est un des piliers du séga typique.

Coiffé de son chapeau de paille et ravanne sous le bras, il nous accueille dans sa demeure à Rivière du Rempart. Les cheveux frisés, sel et poivre, le visage portant les traces des années passées et le regard profond, Michel Legris nous accompagne pour un voyage à travers le temps, histoire de mieux connaitre ce ségatier de renom, connu tant sur la scène locale qu’internationale. «Je suis issu d’une famille de 16 enfants » dit-il. Petit, il observait les aînés fabriquer la ravanne et se disait que plus tard, il en ferait autant. Avec ses frères, il monte d’abord le groupe Mirinda. Puis il anime des soirées et des mariages. Après nous avoir conté ses années passées avec ses frères, ses trois ans au sein de l’armée en Angle terre, il s’attarde sur un moment clé de sa vie, celui qui l’a révélé au grand jour.

1971, le début de sa carrière de ségatier. Tout commence avec sa participation à la compétition Sugar Times. « C’était une compétition ouverte à ceux qui travaillaient dans l’industrie sucrière… c’était pour moi une au-baine de faire vivre ma passion, celle du séga. » Michel Legris travaillait alors pour la compagnie sucrière The Mount. « Durant l’éliminatoire j’avais chanté « lavi sa pov fam la ». Mais je n’ai pas été retenu parce que le morceau dépassait les trois minutes réglementaires », dit-il. Comme Michel Legris n’est pas de ceux qui laissent tomber les choses si facilement, il revient l’année suivante. Le succès sera cette fois au rendez-vous… avec Mo Capitaine. « La finale s’est tenue dans les studios de la MBC et je me souviens que le prix m’avait été remis par Luc Legris. » S’ouvre devant lui son premier 45 tours, produit par Capricorne.

Grâce à la musique, il a fait le tour du monde. Ecosse, Amérique, Suisse, Inde, Chine, Ile de la Réunion, Rodrigues, Mayotte sont les quelques pays qui ont pu découvrir le sega typique mauricien. Michel Legris a porté très haut la culture mauricienne, chose qu’il continue à perpétuer car il n’est pas prêt de prendre sa retraite de la scène. Jovial et farceur, il nous montre ses divers trophées et décorations obtenus depuis des années. Mais s’il y a une chose à laquelle il ne faut pas déroger, c’est de s’imprégner des souvenirs de ce cher « Capitaine ». On a donc eu droit aux albums souvenirs qui retracent ses différents voyages. Le partage de sa culture et celle de ses ancêtres sont les choses qui l’animent. Bien qu’il n’ait pas pu compléter ses études, il avoue que voyager l’instruit et lui ouvre les yeux sur différentes cultures. Et s’il y a une chose qu’il rapporte à chacun de ses voyages, c’est un chapeau.

Michel Legris fait partie des vétérans du séga mauricien. Ce qui rend ce personnage encore plus intéressant, c’est l’intérêt qu’il porte à conserver l’instrument qui rappelle des soirées à danser autour du feu de camp… la ravanne. D’ailleurs son salon est comme un petit musée. Cet instrument, Michel Legris le manie du bout des doigts. Il a aussi transmis cette passion à ses enfants. A 82 ans, le « Capitaine » a une mémoire sans faille. Il enchaîne ses chansons, qu’il a lui-même écrites, avec une voix empreinte d’un riche passé…

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